Antiquité · vers 428 à 348 av. J.-C.
Platon au bac, la caverne et trois questions corrigées
Tu progresses vers la connaissance lorsque tu examines ce que tu crois et les raisons qui le justifient. Platon relie ensuite cette recherche du vrai à la manière de vivre et de gouverner en prenant le bien pour but.
- Voie générale
- Voie technologique
- Candidat individuel
Trois idées essentielles
Comprendre la position avant de la retenir
Chaque idée répond à une difficulté distincte. Quand tu relies ces idées entre elles, tu obtiens une référence que tu peux expliquer dans une copie.
Mobiliser au bac
Ce que la référence doit faire dans ta copie
Le même auteur s’utilise différemment selon l’exercice. Dans les deux cas, ton explication doit rester suffisante pour suivre l’argument.
Un extrait et trois questions corrigées
Pourquoi le prisonnier tient-il à ses anciennes certitudes ?
Dans ce passage de La République, Platon fait dialoguer Socrate et Glaucon. Socrate décrit des hommes enchaînés depuis l’enfance. Ils regardent la paroi d’une caverne, car leurs chaînes les empêchent de tourner la tête. Derrière eux, un feu éclaire des objets que des hommes transportent au-dessus d’un mur. Les ombres de ces objets apparaissent donc sur la paroi. Les prisonniers les prennent pour les choses elles-mêmes.
Tu vas expliquer pourquoi le captif résiste lorsqu’on le détache. Tu prépares ainsi la lecture suivie d’un extrait, notamment en terminale générale. Les trois questions et leur correction sont rédigées par Julien. Tu pourras ensuite réunir tes réponses dans une explication suivie.
Le passage de Platon
Le texte ci-dessous conserve les mots de la traduction de Victor Cousin. Socrate développe la situation, puis Glaucon répond par les phrases courtes placées dans des paragraphes séparés.
Enfin, ces captifs n’attribueront absolument de réalité qu’aux ombres.
Cela est inévitable.
Supposons maintenant qu’on les délivre de leurs chaînes et qu’on les guérisse de leur erreur : vois ce qui résulterait naturellement de la situation nouvelle où nous allons les placer. Qu’on détache un de ces captifs ; qu’on le force sur-le-champ de se lever, de tourner la tête, de marcher et de regarder du côté de la lumière : il ne pourra faire tout cela sans souffrir, et l’éblouissement l’empêchera de discerner les objets dont il voyait auparavant les ombres.
Je te demande ce qu’il pourra dire, si quelqu’un vient lui déclarer que jusqu’alors il n’a vu que des fantômes ; qu’à présent plus près de la réalité, et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ; si enfin, lui montrant chaque objet à mesure qu’il passe, on l’oblige, à force de questions, à dire ce que c’est ; ne penses-tu pas qu’il sera fort embarrassé, et que ce qu’il voyait auparavant lui paraîtra plus vrai que ce qu’on lui montre ?
Sans doute.
Dans cette traduction, les « fantômes » désignent les apparences que les prisonniers prenaient pour les choses. Le verbe « discerner » signifie reconnaître les objets en les distinguant les uns des autres. Tu peux retrouver l’extrait dans le livre VII en cherchant sa première phrase, « Enfin, ces captifs ».
Trois questions pour suivre le raisonnement
- Que signifie « n’attribueront absolument de réalité qu’aux ombres » ? Explique pourquoi les prisonniers portent ce jugement à partir de leur situation.
- Comment les objets peuvent-ils être « plus réels » alors que les ombres paraissent « plus vraies » au captif ? Explique le rôle de l’éblouissement dans cette différence.
- Quelle idée principale le passage fait-il comprendre sur la difficulté d’apprendre ? Formule cette idée, puis justifie-la en reliant la réaction du captif aux questions qu’on lui pose.
Tu peux rédiger tes réponses avant d’ouvrir la correction. Pour chaque réponse, tu choisis quelques mots du passage, puis tu expliques la raison qui permet de les comprendre. La troisième question te demande ensuite de réunir ces résultats dans un paragraphe suivi.
Lire les trois réponses expliquées
1. Les prisonniers prennent les ombres pour les choses
Les prisonniers accordent une existence réelle aux seules ombres qu’ils voient devant eux. La tournure « ne… que » limite la réalité aux ombres. Le mot « absolument » renforce cette exclusion. Depuis l’enfance, leurs chaînes les empêchent en effet de regarder ce qui se passe derrière eux. Ils ignorent donc le feu et les objets qui produisent ces ombres.
Un prisonnier voit, par exemple, la silhouette d’une figure d’animal transportée derrière lui. Il prend cette silhouette pour l’animal lui-même, car son expérience se limite à ce qui apparaît sur la paroi. Son erreur concerne ainsi le rapport entre l’image et ce qui la produit. Il voit une ombre tout en croyant voir la chose.
Une réponse comme « ils pensent que les ombres sont réelles » reformule la phrase. Ton explication ajoute la cause de ce jugement en montrant ce que les chaînes leur permettent de voir et ce qu’elles les empêchent de comparer.
2. Le mot « paraîtra » distingue le jugement du captif et les objets
Socrate distingue les ombres des objets qui les produisent. Ces objets sont « plus réels » dans la situation décrite, puisqu’ils existent indépendamment de leurs ombres sur la paroi. Mais le captif reconnaît facilement les ombres auxquelles il est habitué. La lumière nouvelle l’éblouit, donc il distingue mal les objets qu’on lui présente.
Les ombres lui semblent alors plus vraies parce qu’elles sont plus faciles à reconnaître. Le mot « paraîtra » attribue cette appréciation au prisonnier. Socrate montre ainsi qu’une impression de certitude peut dépendre d’une habitude qui entretient l’erreur. Le captif doit apprendre à comparer les objets et leurs ombres pour comprendre leur rapport.
À ce moment du récit, il vient de se retourner vers le feu à l’intérieur de la caverne. La sortie au soleil intervient dans la suite. Tu peux donc expliquer son éblouissement en restant dans la situation décrite par cet extrait.
3. L’apprentissage peut d’abord rendre incertain
Le passage montre qu’un progrès vers la connaissance peut commencer par une difficulté à reconnaître ce qu’on voit. Le captif est détaché, puis contraint de se retourner vers les objets. Pourtant, la douleur et l’éblouissement l’empêchent de bien les reconnaître. Les ombres familières lui semblent alors plus vraies, ce qui explique sa résistance à l’apprentissage.
Les questions l’obligent ensuite à chercher ce qu’est chaque objet. Il doit examiner ce qu’on lui montre et reprendre ses anciens jugements. L’embarras décrit par Socrate correspond donc au moment où ses habitudes deviennent insuffisantes. La suite du livre explique que ses yeux s’habituent progressivement à ce qu’il découvre.
Dans ton paragraphe, la thèse affirme que l’apprentissage peut d’abord troubler les certitudes. La raison explique ce trouble par le décalage entre l’habitude des ombres et la difficulté à reconnaître les objets. Enfin, le questionnement engage le captif dans un examen de ses jugements. Tu as ainsi relié le déroulement de la scène à ce que Platon fait comprendre sur l’éducation.
Après ta lecture, tu peux reprendre gratuitement la méthode d’explication de texte pour organiser une analyse suivie. La carte mentale sur la vérité, proposée à 4,99 €, réunit ensuite les distinctions et les références de cette notion sur une grande page PDF. Son aperçu permet de consulter le format avant l’achat.
Questions fréquentes
Ce qu’il faut retenir avant de commencer
Pourquoi le prisonnier préfère-t-il d’abord les ombres ?
Les ombres lui sont familières, alors que la lumière l’éblouit et l’empêche de reconnaître les objets qui les produisent. Il juge donc à partir de son ancienne habitude. Le mot « paraîtra » indique cette appréciation du prisonnier, tandis que Socrate décrit les objets comme plus réels.
Comment trouver une raison dans un passage de Platon ?
Tu pars de l’affirmation que tu veux expliquer et tu cherches ce qui la justifie dans le passage. Ici, la douleur et l’éblouissement expliquent pourquoi le captif résiste à son changement de situation. Tu peux alors montrer pourquoi sa première impression demande à être examinée.
Les trois questions constituent-elles un sujet officiel du bac ?
Ce sont des questions d’entraînement rédigées par Julien pour préparer la lecture suivie d’un extrait, notamment en terminale générale. Tu travailles le sens des mots et les raisons du passage. Une explication complète demande ensuite de reconstruire l’ensemble du texte proposé à l’épreuve.