Méthode du bac
La méthode de l’explication de texte en philosophie
Quand tu expliques un texte, tu rends son raisonnement compréhensible. Tu dois montrer ce que l’auteur affirme et comment il le démontre, puis pourquoi cette idée pose problème.
- Voie générale
- Voie technologique
- Candidat individuel
Le principe
Suis le mouvement réel du texte.
Ton explication respecte l’ordre des idées et éclaire leur fonction. Elle reste donc au plus près des phrases du texte.
La progression
Cinq étapes pour expliquer l’argumentation
- 01
Identifie le thème, la thèse et le problème
Le thème indique de quoi parle le texte. La thèse formule ce que l’auteur soutient. Le problème révèle la difficulté à laquelle il répond.
Ton contrôleLa thèse tient dans une phrase claire, que quelqu’un pourrait contester. - 02
Découpe le mouvement du texte
Repère les changements de fonction. Une distinction, une objection, un exemple ou une conséquence peut ouvrir une nouvelle étape.
Ton contrôleChaque mouvement possède un rôle dans la démonstration globale. - 03
Éclaire les concepts
Définis les termes dans le sens précis que le texte leur donne. Explique les oppositions et les distinctions nécessaires.
Ton contrôleTu peux dire pourquoi l’auteur emploie ce terme plutôt qu’un autre. - 04
Reconstruis les arguments
Montre le lien entre les affirmations. Rends explicites les raisons et les exemples, ainsi que les conséquences, sans inventer une idée absente.
Ton contrôleLe passage d’une idée à la suivante devient compréhensible. - 05
Rédige une explication suivie
Annonce le problème et le mouvement dans l’introduction. Explique ensuite le texte dans son ordre. Termine par son apport et sa difficulté principale.
Ton contrôleLa copie revient régulièrement aux mots et aux articulations du texte.
Deux erreurs fréquentes
La paraphrase et le cours plaqué
La paraphrase répète le texte sans éclairer les concepts ni les liens logiques.
Le cours plaqué abandonne le raisonnement de l’auteur pour réciter des connaissances générales. Une référence extérieure reste utile seulement lorsqu’elle éclaire une difficulté du passage.
Du brouillon à la copie
Le passage d’entraînement
Ce passage est rédigé pour l’exercice à partir de la distinction entre deux moyens de prendre conscience de soi. Hegel explique les voies théorique et pratique de la conscience de soi dans l’introduction des Cours d’esthétique. Le passage ci-dessous est une reformulation pédagogique construite, distincte des mots de Hegel.
Une personne prend conscience d’elle-même en examinant ce qu’elle pense et ce qu’elle éprouve.
Cette réflexion lui permet de considérer ses pensées et ses désirs comme les siens.
Elle peut également apprendre à se connaître par ce qu’elle réalise dans le monde.
En modifiant un objet selon son projet, elle rend certains de ses choix visibles.
Elle peut alors reconnaître dans le résultat une manière de penser ou d’agir qui lui appartient.
Les cinq unités sont numérotées pour l’exercice. Leur nombre sert ce passage. Un texte d’examen peut présenter une organisation différente.
Les repères du brouillon
- 1
La réflexion permet de prendre conscience de soi.
Repères. 1, de « Une personne » à « éprouve ».
Le texte présente un premier moyen. La personne examine sa propre pensée, qu’elle prend pour objet de réflexion.
- 2
La personne reconnaît ses pensées et ses désirs.
Repères. 2, de « Cette réflexion » à « siens ».
La phrase précise ce qu’elle découvre par la réflexion. Elle sait qu’elle éprouve un désir et peut examiner ce que ce désir lui apprend d’elle-même.
- 3
L’action donne un autre moyen de se connaître.
Repères. 3, de « Elle peut aussi » à « monde ».
Le mot « aussi » ajoute cette voie à la première. Les deux moyens contribuent donc à la connaissance de soi.
- 4
L’action permet de voir les effets de ses choix.
Repères. 4, de « En modifiant » à « visibles ».
La phrase donne la raison qui rend la troisième unité compréhensible. Un projet pensé devient une transformation observable.
- 5
La personne peut se reconnaître dans le résultat.
Repères. 5, de « Elle peut alors » à « appartient ».
« Alors » indique la conséquence. La personne relie le résultat visible à ses propres choix, puis découvre quelque chose de sa manière d’agir.
Les unités 1 et 2 forment un premier mouvement sur la réflexion. Les unités 3 à 5 forment un second mouvement sur l’action. Ce regroupement suit les deux moyens expliqués dans le passage.
Le thème, le problème et la réponse
Le thème. Le passage traite de la conscience de soi, c’est-à-dire de la capacité à prendre sa propre pensée et sa propre activité pour objet de réflexion.
Une première réponse plausible. Une personne semble pouvoir se connaître en examinant ce qu’elle pense. En effet, elle éprouve directement ses pensées et ses désirs. Elle peut donc prendre le temps de les comprendre.
La difficulté. Pourtant, certaines de ses façons de penser deviennent plus faciles à comprendre lorsqu’elle observe le résultat de ses actions. Par exemple, une personne peut découvrir sa préférence pour certains traits en regardant le dessin qu’elle vient de réaliser. Le passage demande donc comment les deux moyens contribuent à la connaissance de soi.
La question. Comment la réflexion sur ses pensées et l’examen de ses actions permettent-ils à une personne de se connaître ?
La thèse. La personne prend conscience d’elle-même en réfléchissant à ses pensées, mais aussi en reconnaissant ses choix dans ce qu’elle réalise.
Une erreur et sa correction
La phrase « Le thème est que l’on se connaît par ses actions » présente déjà une réponse défendue. Le thème peut se formuler par « la conscience de soi ». La réponse donnée par l’auteur devient ensuite la thèse, une fois le problème présenté.
Une autre erreur consiste à écrire dès le début de l’introduction toutes les explications sur le projet et l’objet transformé. L’introduction expose la difficulté et la réponse générale. Le développement explique ensuite comment cette transformation permet de reconnaître ses choix.
L’introduction rédigée
Ce passage d’entraînement examine la conscience de soi. Une personne semble pouvoir se connaître en réfléchissant à ce qu’elle pense et à ce qu’elle désire, puisque ces pensées lui appartiennent. Pourtant, sa manière de penser peut aussi devenir visible dans ce qu’elle réalise. Comment la réflexion sur ses pensées et l’examen de ses actions lui permettent-ils alors de se connaître ? Le passage soutient que la conscience de soi se développe par ces deux moyens. Il présente d’abord la réflexion sur ses pensées, puis explique comment une personne peut reconnaître ses propres choix dans le résultat de ses actions.
Dans une copie sur un texte d’auteur, la première phrase donne les références qui figurent sur le sujet. Le passage de cet exercice conserve son statut de texte d’entraînement.
Une unité entièrement développée
Pour les unités 4 et 5, le brouillon note que le projet devient visible dans un résultat. Le mot « reconnaître » renvoie au fait de relier ce résultat à sa propre activité. L’exemple d’un dessin permet ensuite d’expliquer ce lien. Ces notes donnent donc le paragraphe suivant, parce que le dessin permet d’expliquer comment le projet devient observable.
La personne peut comprendre certains de ses choix en observant ce qu’elle a produit. Le passage relie en effet la modification d’un objet à la possibilité de reconnaître sa manière d’agir. Par exemple, une personne qui réalise un dessin choisit une forme et un point de vue. Ces choix existent d’abord dans sa pensée, puis ils deviennent visibles sur la feuille. Elle peut donc examiner le dessin pour comprendre comment elle a représenté ce qu’elle regardait. Le résultat lui permet ainsi de réfléchir à sa propre activité. L’action ajoute un moyen de se connaître à la réflexion sur ses pensées.
L’exercice et son corrigé
À partir des unités 1 et 2, l’élève rédige un paragraphe qui explique ce que la réflexion lui permet de comprendre. Il définit la conscience de soi dans ce passage et développe un exemple. Le paragraphe doit également préparer l’ajout de l’action dans l’unité 3.
Une correction possible. La personne prend conscience d’elle-même lorsqu’elle examine ses pensées et ses désirs. Elle peut en effet faire de ce qu’elle éprouve un objet de réflexion. Par exemple, une personne ressent de la colère, puis se demande quelle situation l’a provoquée et pourquoi cette situation l’a affectée. Elle découvre ainsi ce qui compte pour elle. La conscience de soi désigne ici cette capacité à examiner sa propre vie intérieure. Le passage présente donc la réflexion comme un premier moyen de se connaître. La phrase suivante ajoute l’examen de ses actions, qui lui permet de retrouver ses choix dans un résultat visible.
Retrouver l’idée dans Hegel
Hegel explique les voies théorique et pratique de la conscience de soi dans l’introduction des Cours d’esthétique. Tu peux donc lire ce passage dans le tome I de la traduction de Charles Bénard. La distinction commence à la page 27 et se poursuit à la page 28. Le texte d’entraînement et ses exemples ont cependant été construits pour montrer la méthode.
Cette application prépare une explication suivie. En voie technologique, le choix entre une explication guidée par les questions et une explication libre demande d’adapter la rédaction au format retenu. Les consignes de ton professeur permettent aussi de préciser la présentation attendue.
Pour t’entraîner
Commence par le mouvement
Prends un court passage et donne un titre fonctionnel à chaque étape. Explique ensuite en une phrase ce que cette étape apporte à la thèse.
Préparer les repères d’auteurs