Repère du programme
Absolu et relatif, méthode pour le bac
Une chose est absolue lorsqu’elle vaut ou existe indépendamment de tout point de vue et de toute condition extérieure. Elle est relative lorsqu’elle dépend d’une relation, par exemple d’une situation ou d’un terme de comparaison. Dans une copie, cette distinction sert à identifier ce qui fait varier un jugement, puis à demander si un critère commun peut encore être défendu.
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À quoi sert le repère absolu et relatif ?
Le programme officiel présente les repères comme des distinctions qui soutiennent la réflexion de l’élève. Ils servent donc à traiter un problème déterminé. Une définition apprise seule reste insuffisante, car la copie doit montrer ce que la distinction change dans le raisonnement.
Le repère absolu et relatif t’aide à poser une question simple. L’idée que tu examines vaut-elle par elle-même, ou dépend-elle d’un élément qu’il faut nommer ? Cet élément peut être un point de vue ou une époque, mais aussi une comparaison ou une condition. Une fois cette dépendance trouvée, tu peux donc vérifier si elle change seulement la manière d’exprimer le jugement ou si elle change aussi sa vérité.
Cette distinction intervient souvent dans les sujets sur la vérité, la justice, le bonheur et l’art. Par exemple, « ce tableau est grand » dépend des dimensions habituelles des tableaux auxquels tu le compares. En revanche, « ce tableau mesure deux mètres de haut » indique une mesure qui peut être contrôlée par plusieurs personnes. Le jugement « ce tableau est grand » reste relatif à une comparaison laissée implicite. La mesure en mètres, elle, fixe une relation commune entre le tableau et une unité de mesure.
Comment définir l’absolu sans rester dans l’abstraction ?
Le mot absolu vient du latin absolutus, qui désigne ce qui est détaché ou séparé. En philosophie, une chose est absolue lorsqu’elle ne dépend d’aucune relation extérieure pour être ce qu’elle est ou pour valoir. Une vérité absolue prétend donc rester vraie quel que soit le sujet qui la pense, et quels que soient le lieu et l’époque où elle est formulée.
Cette définition porte une exigence forte. Prenons, par exemple, l’égalité « deux plus deux font quatre ». Celui qui la défend affirme que le résultat reste identique pour tous les sujets capables de comprendre les nombres et l’addition. La vérité de cette proposition dépend des règles qui définissent les nombres et l’opération, quel que soit le nombre de personnes qui l’acceptent. Par conséquent, une préférence personnelle ne peut pas modifier le calcul.
L’absolu peut aussi désigner une réalité qui existe par elle-même. Dans certaines métaphysiques, Dieu reçoit ce statut parce que son existence ne dépendrait d’aucune autre réalité. Ce sens demande cependant une démonstration particulière. Dans une copie de terminale, tu gagnes donc à préciser si tu parles d’une vérité indépendante des points de vue, d’une valeur sans exception ou d’un être indépendant.
Comment reconnaître ce qui est relatif ?
Une chose est relative lorsqu’elle dépend d’une relation avec autre chose. Le mot devient clair dès que tu peux compléter la formule « relatif à ». Par exemple, une personne est grande relativement à une population de référence. De même, un objet se trouve à gauche relativement à la position de celui qui regarde. Enfin, une eau paraît chaude relativement à la température de la main qui la touche.
La relation doit être nommée, car elle permet de vérifier l’affirmation. Par exemple, la phrase « cette eau est chaude » laisse plusieurs comparaisons possibles. Une personne qui sort de la neige et une personne qui tient une tasse brûlante peuvent éprouver la même eau différemment. En revanche, la phrase « cette eau est à trente degrés » remplace l’impression par une mesure partagée. La température ressentie reste relative à l’état du corps, tandis que la mesure donne un résultat contrôlable avec un thermomètre.
Tu dois aussi distinguer le relatif de l’arbitraire. Un jugement arbitraire repose sur une décision sans raison suffisante. Un jugement relatif peut au contraire être solidement justifié par la relation qui le détermine. La phrase « Lyon est au nord d’Avignon » reste relative à la position des deux villes. Elle est pourtant vraie et vérifiable. La dépendance à une relation retire donc l’idée d’indépendance absolue, sans retirer pour autant la vérité.
Pourquoi relatif ne veut-il pas dire subjectif ?
Le subjectif dépend du sujet qui éprouve ou qui juge. Le relatif possède un sens plus large, car il peut dépendre d’une relation entièrement objective. La distance entre Paris et Marseille dépend des deux villes choisies. Cette distance est relative à leurs positions, alors que sa mesure ne dépend pas de ton goût ou de ton humeur.
Une sensation fournit un autre exemple. Lorsque tu dis qu’un café te paraît amer, tu décris une expérience subjective. Cette expérience varie selon ton palais et tes habitudes, ou selon ce que tu viens de manger. Elle est donc aussi relative à ton état. Mais toute relation ne passe pas par une sensation personnelle. Le mot relatif désigne en effet la dépendance. Le mot subjectif précise que le sujet fait partie de cette dépendance.
Cette différence évite une erreur fréquente dans les dissertations. Un élève écrit parfois que toutes les règles sont relatives, puis il conclut qu’elles relèvent seulement de l’opinion. Le passage est trop rapide. En effet, une règle peut dépendre d’un contexte défini et conserver des critères publics. Le règlement d’un lycée vaut dans cet établissement et pendant une période donnée. Ainsi, son domaine est relatif, tandis que son texte peut être connu et appliqué de manière commune.
Que montre Protagoras sur la vérité relative ?
Dans le Théétète, Platon examine la thèse attribuée à Protagoras selon laquelle « l’homme est la mesure de toutes choses ». Le dialogue relie cette idée à la sensation. En effet, une même température peut paraître froide à une personne et chaude à une autre. Chaque sensation dépend alors de la rencontre entre un sujet et ce qu’il éprouve.
Cette thèse explique correctement une partie de l’expérience. La sensation indique comment la chose apparaît à celui qui la ressent. Cependant, elle devient plus difficile à défendre lorsqu’elle s’étend à tous les jugements. En effet, une personne peut se tromper sur une maladie ou sur la solidité d’un raisonnement, comme sur les conséquences futures d’une décision. Le médecin connaît mieux l’évolution probable d’un traitement que le patient qui formule une impression immédiate.
Platon présente aussi une objection logique. Si chaque opinion est vraie pour celui qui la soutient, l’opinion des adversaires de Protagoras devient vraie elle aussi. Or ces adversaires jugent sa thèse fausse. Le relativisme radical doit alors reconnaître comme vraie une opinion qui le contredit. Cette difficulté t’aide à formuler une position plus rigoureuse. Certaines impressions sont relatives au sujet, mais la discussion cherche des critères capables de départager les jugements.
Que montre Montaigne sur la diversité des coutumes ?
Dans le chapitre « Des Cannibales » des Essais, Montaigne observe que chacun appelle souvent barbarie ce qui s’éloigne de ses propres usages. Il vise un mécanisme précis. Une personne transforme les coutumes de son pays en mesure générale, puis elle juge les autres peuples à partir de cette habitude locale.
La comparaison des cultures révèle alors la relativité de certains jugements. En effet, une pratique paraît normale à celui qui a grandi avec elle et étrange à celui qui la découvre. Montaigne utilise cette variation pour contester la supériorité spontanément attribuée aux coutumes européennes. De plus, il invite son lecteur à examiner les pratiques par la raison et à regarder aussi la violence de sa propre société.
Cette critique des préjugés conduit à une nouvelle question, celle de savoir si la diversité des normes rend impossible tout jugement commun. Montaigne évite pourtant cette conclusion. Il compare les actes et montre que les Européens peuvent exercer une cruauté plus grande que celle qu’ils condamnent ailleurs. La différence des coutumes retire à l’habitude son autorité absolue. Ainsi, elle ouvre un travail de jugement fondé sur les faits et sur la cohérence du critère employé.
Comment utiliser ce repère dans une dissertation ?
Le repère devient utile lorsque tu l’intègres à une démonstration. Quatre opérations suffisent pour construire ce passage.
- 01
Repère l’affirmation qui varie
Tu notes exactement ce qui change selon les personnes ou les situations. Sur un sujet consacré à la justice, il peut s’agir des lois, des sanctions ou du jugement moral.
Ton contrôleTu nommes l’objet du désaccord au lieu d’écrire seulement « tout est relatif ». - 02
Nomme la relation
Tu précises ce qui produit la variation. Par exemple, une règle peut dépendre d’une époque, alors qu’un goût dépend d’un sujet et qu’une mesure dépend d’une unité.
Ton contrôleTu peux compléter la formule « relatif à » avec un élément déterminé. - 03
Mesure la portée de cette dépendance
Tu vérifies si la relation change l’objet lui-même, son apparence ou seulement la manière de l’exprimer. Cette étape empêche de confondre une sensation variable avec l’absence de toute vérité.
Ton contrôleTu expliques le mécanisme qui relie la variation au jugement. - 04
Cherche un critère commun
Tu demandes enfin si une preuve, une mesure ou une règle peut départager les jugements. L’absolu apparaît alors comme une prétention qu’il faut justifier.
Ton contrôleTon paragraphe aboutit à une question ou à une thèse nouvelle.
Quelle erreur fréquente faut-il corriger ?
L’erreur la plus fréquente tient dans la formule « chacun sa vérité ». Elle confond une expérience personnelle avec une proposition sur le réel. Par exemple, deux personnes peuvent aimer des musiques différentes. Leur préférence dépend de leur histoire et de leur sensibilité. Mais si elles discutent de la date de composition d’une œuvre, leurs goûts ne suffisent plus. Une recherche documentaire permet alors de vérifier la réponse.
Tu dois donc identifier le type de jugement. Une préférence exprime ce qu’un sujet aime. Une description affirme ce qui est le cas. Une règle morale indique ce qui devrait être fait. Chacun de ces jugements exige un examen différent. Le repère absolu et relatif prépare cet examen, mais il ne fournit aucune réponse automatique.
Évite aussi de présenter l’absolu comme une évidence. En effet, celui qui affirme qu’une valeur vaut pour tout être humain doit le justifier. Tu peux montrer qu’elle protège une condition commune de la vie humaine, qu’elle évite une contradiction ou qu’elle doit pouvoir être acceptée par toute personne concernée. Le mot absolu annonce alors l’étendue de la thèse. Ainsi, ton argument doit établir cette étendue.
Un exercice corrigé sur la vérité
Sujet proposé, « La vérité dépend-elle de chacun ? » Rédige huit à dix phrases. Tu dois distinguer la sensation et le jugement, utiliser Protagoras, formuler l’objection de Platon et donner une réponse qui conserve une place aux expériences individuelles.
Une correction possible commence par la variation des sensations. Une même eau peut paraître chaude à une personne et fraîche à une autre, car chaque sensation dépend de l’état du corps. Protagoras permet donc de comprendre pourquoi certaines apparences sont relatives au sujet. Pourtant, un jugement porte souvent au-delà de cette apparence. La phrase « l’eau contient une substance dangereuse » affirme un fait que l’analyse peut vérifier. De plus, Platon montre qu’un relativisme appliqué à toutes les opinions se contredit. L’opinion qui juge le relativisme faux devrait être vraie pour celui qui la soutient. Les expériences restent personnelles, mais les jugements peuvent être comparés à des preuves communes. La vérité ne dépend donc pas de chacun de la même manière que la sensation.
Cette correction avance en trois moments. Elle accorde d’abord une valeur à l’expérience relative. Elle distingue ensuite la sensation et la proposition vérifiable. Enfin, elle explique pourquoi la recherche de critères communs devient nécessaire. Le repère organise le raisonnement au lieu de servir d’étiquette ajoutée à la conclusion.
Un paragraphe modèle pour ta copie
La diversité des coutumes montre que certains jugements dépendent du milieu dans lequel une personne a appris à penser. Montaigne l’explique dans « Des Cannibales » lorsqu’il observe que chacun appelle souvent barbarie ce qui s’éloigne de ses usages. Une société prend alors sa propre habitude pour une mesure absolue. La comparaison avec d’autres peuples révèle cette dépendance et oblige à examiner le critère utilisé. Cependant, la variation des coutumes laisse place à un jugement, puisque Montaigne compare les violences commises et invite son lecteur à juger les actes par la raison. La reconnaissance du relatif devient donc une critique du préjugé et ouvre la recherche d’un critère commun.
Tu peux reprendre la même structure dans un autre sujet. D’abord, tu identifies ce qui dépend d’une situation. Ensuite, tu expliques comment cette dépendance modifie le jugement. Enfin, tu cherches la preuve ou la règle qui permet de comparer les points de vue. La page sur la définition d’une notion t’aide à ajuster le sens des termes, tandis que la méthode de la dissertation montre comment intégrer cette distinction à un plan complet.
Sources utilisées
- Éduscol, programmes et ressources en philosophie pour les voies générale et technologique
- Ministère de l’Éducation nationale, programme de philosophie de terminale générale, section consacrée aux repères
- Platon, Théétète, traduction Émile Chambry
- Montaigne, Essais, livre I, chapitre 31, « Des Cannibales »
Pour poursuivre
Applique ce repère à la vérité
Le dossier des notions te permet de relier la vérité à la raison et à la science. La carte mentale sur la vérité rassemble ensuite les distinctions et les auteurs utiles pour préparer plusieurs sujets de dissertation.
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Ce qu’il faut retenir avant de commencer
Quelle différence y a-t-il entre absolu et relatif en philosophie ?
Une chose est absolue lorsqu’elle vaut ou existe indépendamment de tout point de vue et de toute condition extérieure. Elle est relative lorsqu’elle dépend d’une relation, par exemple d’une situation ou d’un terme de comparaison.
Une vérité relative est-elle forcément fausse ?
Une proposition relative peut être vraie lorsque la relation dont elle dépend est indiquée. La phrase « cette eau est chaude » reste incomplète. La phrase « cette eau est plus chaude que l’air ambiant » formule une comparaison vérifiable.
Comment utiliser absolu et relatif dans une dissertation ?
Tu dois nommer ce dont dépend l’affirmation et vérifier si cette dépendance change sa valeur. Tu examines ensuite si un critère peut valoir dans tous les cas. Le repère devient ainsi une étape du raisonnement.
Le relativisme affirme-t-il que toutes les opinions se valent ?
Un relativisme radical rapporte chaque vérité au sujet qui juge. Platon montre alors une difficulté. Si chaque opinion est vraie pour celui qui la soutient, l’opinion qui déclare le relativisme faux devrait aussi être vraie.