La nature

Ce qui est naturel est-il nécessairement bon ? Plan expliqué

Une chose naturelle peut être bonne, mais son origine suffit-elle à le prouver ? Le besoin de manger entretient la vie, tandis que la foudre peut la menacer. Tu dois donc chercher ce qui justifie ton jugement sur chaque cas. Rousseau et Mill t’aident à examiner la valeur du naturel et les raisons pour lesquelles une intervention humaine peut être souhaitable.

  • Voie générale
  • Voie technologique
  • Candidat individuel

Le mot « nécessairement » demande une réponse valable dans tous les cas

Le sujet Ce qui est naturel est-il nécessairement bon ? demande si l’origine naturelle garantit la valeur d’une chose. Tu peux par exemple reconnaître qu’un besoin naturel contribue à la vie. Cependant, cette observation porte sur un cas. Pour répondre au sujet, tu dois examiner si la même raison permet de juger bon tout ce qui est naturel.

L’adverbe nécessairement signifie ici que le naturel serait bon dans tous les cas. Un seul contre-exemple suffit donc à contester cette affirmation générale. Mais ce contre-exemple laisse encore un travail à faire. Tu dois expliquer pourquoi certaines choses naturelles restent bonnes et quel critère permet de les distinguer des autres.

Les définitions doivent laisser la valeur du naturel à discuter

Tu peux d’abord appeler naturel ce qui se produit sans intervention humaine volontaire. Un arbre qui pousse sans avoir été planté entre dans cette définition. Une table résulte au contraire d’une fabrication. Tu peux la qualifier d’artificielle, car une personne a transformé des matériaux pour lui donner cet usage.

Le mot nature peut aussi désigner l’ensemble des phénomènes et des lois qui les régissent. Dans ce sens, une table appartient elle aussi à la nature. En effet, sa fabrication utilise les propriétés de ses matériaux. Tu dois donc préciser quelle définition tu emploies lorsque tu opposes le naturel à l’artificiel.

Le mot bon demande également une précision. Une chose peut être bonne pour quelqu’un parce qu’elle répond à un besoin. Un aliment nourrit par exemple une personne. Une action peut aussi être moralement bonne si elle respecte une exigence que tu peux justifier. Tu peux par exemple défendre le souci d’éviter une souffrance inutile. Ces deux jugements portent sur des objets différents. Une pluie utile à un jardin possède un effet bénéfique sans accomplir une action morale.

Tu peux donc distinguer un effet nuisible et une faute. La foudre peut par exemple détruire un bâtiment. Tu qualifies alors les dommages selon leurs conséquences pour les personnes. Une faute morale suppose, quant à elle, une action dont tu peux examiner la responsabilité. Cette distinction permet de discuter la valeur d’un phénomène naturel sans lui prêter une intention.

Une définition qui présenterait le naturel comme ce qui est pur et bon donnerait déjà la réponse. Tu peux conserver une définition descriptive, puis examiner sa valeur par un argument. De même, une réaction spontanée demande que tu recherches son origine. Par exemple, une habitude apprise peut devenir si familière que tu l’accomplis sans réfléchir. Pour qualifier cette habitude d’innée, tu devrais montrer qu’elle était présente avant cet apprentissage.

Certaines dispositions naturelles donnent une raison de valoriser la nature

Le besoin de manger permet de comprendre une première réponse. La faim peut inciter un être vivant à chercher ce qui le nourrit. Elle contribue ainsi à sa conservation. Tu peux juger cette disposition bonne pour lui, parce que son effet répond à un besoin de sa vie.

Dans la préface du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Rousseau présente deux principes antérieurs à la raison. Le souci de soi nous porte à nous conserver. La pitié nous fait également éprouver de la répugnance devant la souffrance d’un être sensible. Tu peux donc retrouver ces deux principes dans la préface du texte original.

La note 15 de cette édition distingue l’amour de soi et l’amour-propre. L’amour de soi concerne la conservation. L’amour-propre dépend en revanche de la comparaison sociale et du désir de compter davantage que les autres. Tu peux donc examiner un changement dans les motifs d’une action.

Prenons une situation inventée. Une élève mange parce qu’elle a faim. Une fois rassasiée, elle veut pourtant garder le meilleur repas pour elle afin de montrer qu’elle mérite plus que ses camarades. La faim explique la recherche de nourriture. Le désir de garder le meilleur repas exprime une recherche de supériorité dans le regard des autres. Cette comparaison t’aide ainsi à utiliser la distinction de Rousseau dans un argument.

Tu peux aussi imaginer une personne qui renonce à prendre tout le repas disponible parce qu’elle voit quelqu’un souffrir de la faim. La pitié modifie alors sa manière de répondre à son propre besoin. Tu dois expliquer ce motif pour comprendre pourquoi la disposition décrite par Rousseau peut limiter le dommage causé à autrui.

Rousseau construit toutefois une hypothèse sur l’état de nature. Au début de la première partie du Discours, il précise le caractère hypothétique de sa recherche. Tu dois donc présenter son raisonnement avec cette réserve. La distinction éclaire certaines dispositions humaines. Tu dois encore examiner les autres phénomènes naturels pour répondre à une question qui porte sur tous les cas.

La première réponse rencontre ainsi une difficulté. La conservation et la pitié semblent bonnes en raison de ce qu’elles permettent. Mais leur origine naturelle garantit-elle que toute autre disposition aura une valeur comparable ? Tu dois examiner cette généralisation pour justifier le passage à la suite.

Mill explique pourquoi une intervention humaine peut améliorer une situation

Dans La Nature, publié en 1874, John Stuart Mill examine le conseil de suivre la nature. Il distingue le sens qui englobe tous les phénomènes et celui qui concerne leur cours spontané. Dans le premier sens, toute action humaine utilise déjà des lois naturelles. Puisque les actions bénéfiques et nuisibles obéissent toutes à ces lois, tu dois chercher une autre raison pour les distinguer. Tu peux ensuite lire cette distinction au début du texte original anglais.

Mill examine ensuite le sens qui exclut l’intervention humaine volontaire. Si le cours spontané des choses était toujours bon, une intervention destinée à l’améliorer deviendrait injustifiée. Pourtant, nous approuvons certaines interventions parce qu’elles réduisent un danger. Mill prend notamment l’exemple du paratonnerre, dans le passage consacré aux ouvrages humains qui modifient le cours des phénomènes naturels.

Tu peux ainsi suivre son argument en comparant la foudre et la protection recherchée. La foudre est naturelle au sens du cours spontané des phénomènes. Le paratonnerre est au contraire fabriqué. Tu peux pourtant juger bonne cette intervention si elle protège effectivement les personnes contre le danger de la foudre.

Ce raisonnement suffit à contester la bonté nécessaire du naturel. Tu dois cependant évaluer chaque technique selon ses effets. Un dispositif fabriqué peut avoir un effet nuisible. Tu dois donc trouver un critère qui permette de juger aussi les interventions humaines.

Ton jugement doit expliquer ce qui mérite d’être préservé ou modifié

Tu peux commencer par rendre explicite le motif de ton jugement. La faim contribue à la conservation de la vie. Le paratonnerre cherche également à protéger les personnes. Dans ces deux cas, tu juges bonne une chose selon la manière dont elle répond à un besoin humain. Tu peux donc comparer la faim et le paratonnerre selon leur contribution à la vie, même si leur origine est différente.

Ce critère demande aussi de préciser qui bénéficie de l’action et qui en supporte les effets. En effet, un avantage pour une personne peut s’accompagner d’un dommage pour une autre. Dans une situation inventée, un village possède une rivière. Un atelier voudrait y rejeter des déchets pour réduire ses dépenses. Supposons que ce rejet rende l’eau inutilisable pour les habitants en aval. Le gain de l’atelier et la perte des habitants entrent alors en conflit. Tu dois donc justifier pourquoi le gain de certains pourrait autoriser un dommage imposé aux autres.

La protection de la rivière conserve une condition de vie pour les habitants qui utilisent son eau. Tu peux donc défendre cette protection même après avoir reconnu que certains phénomènes naturels sont nuisibles. L’argument repose sur la valeur de la condition préservée et sur les personnes concernées.

Le cas de la rivière reste une hypothèse pédagogique. Pour juger une intervention réelle, tu devrais vérifier ses effets. Tu peux ensuite examiner si le but recherché justifie les dommages établis et si une autre solution permettrait de les éviter. Tu peux donc défendre la protection de la rivière en expliquant pourquoi les habitants ont besoin de son eau et pourquoi leur besoin compte dans la décision.

Un plan qui avance à partir des difficultés du sujet

Je te propose ce plan comme un travail à développer. Tu dois expliquer les arguments dans ta copie et adapter les exemples à la question exacte. La méthode de dissertation détaille le passage entre l’analyse du sujet et la construction du problème.

Tu peux retenir cette problématique. L’origine naturelle suffit-elle à rendre une chose bonne, ou faut-il justifier sa valeur par ce qu’elle permet et par les personnes qu’elle affecte ? Le besoin de manger donne une première raison de valoriser le naturel. La foudre oblige ensuite à examiner si cette raison vaut pour tous les phénomènes.

1. Certaines dispositions naturelles semblent bonnes pour les êtres vivants

Tu expliques comment la faim contribue à la conservation et comment la pitié peut limiter le mal fait à autrui. La distinction de Rousseau donne une raison de comparer ces dispositions avec le désir de supériorité sociale. Cependant, ces exemples portent sur certaines dispositions. Tu dois encore prouver que le caractère naturel garantit la bonté dans tous les cas. Cette difficulté appelle donc la deuxième partie.

2. Une chose naturelle peut menacer ce que nous jugeons bon

Tu développes l’argument de Mill avec la foudre et le paratonnerre. Une intervention humaine peut recevoir une justification parce qu’elle protège des personnes contre un phénomène naturel. Tu peux donc contester la bonté nécessaire du naturel. Mais une intervention humaine peut aussi causer des dommages. La suite doit préciser comment choisir entre ce que nous préservons et ce que nous modifions.

3. Nous devons justifier la valeur des effets et des buts de nos actions

Tu compares le besoin satisfait et les dommages possibles. Le cas de la rivière montre pourquoi le bénéfice d’un groupe demande aussi un examen des effets imposés aux autres. Tu peux ainsi défendre certaines interventions et la préservation d’un milieu selon des raisons explicites. Ton critère reste à justifier, par exemple en expliquant pourquoi une condition de vie commune mérite une protection.

Tu peux conclure que le naturel est parfois bon, sans que son origine garantisse cette valeur. Une intervention humaine peut également être souhaitable. La réponse dépend alors des effets établis et du but que tu peux défendre devant les personnes concernées. Le guide sur les transitions de dissertation t’aide à expliquer la difficulté qui impose chaque passage de ce plan.

Une erreur fréquente consiste à confondre besoin et justification morale

La phrase Cette envie est naturelle, donc il est bon de la satisfaire demande un argument supplémentaire. Tu dois préciser en quel sens l’envie est naturelle, puis expliquer pourquoi sa satisfaction serait bonne. Le besoin peut donner une raison d’agir. Tu dois encore examiner la manière de lui répondre.

Une personne qui a faim peut avoir une raison de chercher un repas. Si elle prend celui d’une autre personne qui en a également besoin, elle impose un dommage à cette personne. Tu dois examiner si la satisfaction de son propre besoin justifie ce moyen. Tu peux donc distinguer la valeur du besoin et celle du moyen choisi pour le satisfaire. Le guide sur le bonheur et la satisfaction des désirs t’aide à poursuivre cet examen.

Exercice corrigé sur la valeur d’un phénomène et d’une intervention

Dans ce cas inventé, un élève affirme qu’un paratonnerre devrait être retiré parce qu’il est artificiel. Une autre élève défend sa présence parce qu’il vise à protéger le bâtiment. Tu dois expliquer quelle raison répond à la question de la valeur, puis préciser ce qui reste à vérifier.

La correction

Le premier élève identifie une origine. Le paratonnerre résulte d’une fabrication humaine. Cependant, tu dois encore examiner son utilité et ses effets pour juger sa valeur. Pour défendre son retrait, l’élève devrait donc donner une raison liée à ce que le dispositif produit ou au but qu’il poursuit.

La seconde élève propose un but qui permet une évaluation. Elle juge souhaitable la protection du bâtiment et des personnes qui l’occupent. Tu peux donc rapprocher ce raisonnement de Mill. Elle doit toutefois vérifier que le dispositif installé remplit la fonction annoncée. Un but souhaitable et un résultat effectivement obtenu restent deux choses à établir séparément.

Le paratonnerre peut être bénéfique parce qu’il protège un bâtiment et les personnes qui l’occupent. Tu peux défendre cette réponse si la protection annoncée est vérifiée. Tu peux donc reprendre cette distinction dans le diagnostic gratuit de méthode. Si tu veux ensuite étudier un raisonnement dans une copie entière, le recueil de cinq dissertations corrigées présente aussi le travail au brouillon.

Les textes permettent de reprendre les arguments

La nature figure dans les programmes de philosophie des voies générale et technologique. La page officielle d’Éduscol donne accès aux deux programmes. Le plan et les exemples proposés ici sont toutefois des conseils de travail sur ce sujet. Tu peux relire la préface de Rousseau pour examiner les dispositions humaines, puis reprendre chez Mill le passage sur les interventions qui modifient le cours spontané des choses.

Questions fréquentes

Ce qu’il faut retenir avant de commencer

Ce qui est naturel est-il toujours bon ?

Tu dois examiner la valeur d’une chose naturelle selon ce qu’elle produit. La foudre peut par exemple menacer une vie, alors qu’un dispositif fabriqué cherche à la protéger. Tu peux donc répondre que le naturel est parfois bon, en précisant ce qui le rend bon dans le cas étudié. Le mot nécessairement demande si cette valeur est garantie dans tous les cas.

Comment définir naturel et artificiel ?

Tu peux appeler naturel ce qui se produit sans intervention humaine volontaire, et artificiel ce qui résulte d’une fabrication ou d’un aménagement humain. Dans un sens plus large, la nature comprend aussi les lois auxquelles les objets fabriqués obéissent. Tu dois préciser le sens retenu, car ces deux définitions donnent des fonctions différentes à l’opposition entre naturel et artificiel.

Que peut-on utiliser chez Rousseau sur la bonté naturelle ?

Dans la préface du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Rousseau présente le souci de sa propre conservation et la répugnance à voir souffrir un être sensible comme antérieurs à la raison. La note 15 distingue l’amour de soi de l’amour-propre né de la comparaison sociale. Tu peux t’appuyer sur cette distinction pour examiner certaines dispositions humaines, en précisant que Rousseau construit un raisonnement hypothétique sur l’état de nature.

Quel plan construire sur la valeur du naturel ?

Tu peux commencer par expliquer pourquoi certaines dispositions naturelles semblent bonnes. Tu examines ensuite si leur origine garantit cette valeur, avec l’argument de Mill sur les interventions humaines. La dernière partie doit justifier le critère qui permet de choisir ce qu’il faut préserver ou modifier. Les transitions expliquent donc chaque fois quelle difficulté de la réponse précédente reste à résoudre.

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