Parcours technologique
Adam Smith, justice et société, parcours A, B, C
Le sujet technologique 2025 demande d’expliquer pourquoi Adam Smith juge la justice plus nécessaire que la bienfaisance. Ce parcours te montre comment une réponse précise en A devient un résultat utile en B, puis un point à examiner en C. Chaque partie avance ainsi le raisonnement au lieu de répéter la précédente.
- Voie technologique
- Explication de texte
- Justice
Le cadre officiel applicable au bac 2027
Le programme de la voie technologique reste celui de 2019. De plus, il comprend sept notions, dont la justice. La note de service du 11 septembre 2026 définit désormais l’épreuve à partir de la session 2027. Elle confirme une durée de quatre heures et trois sujets au choix. Les deux premiers sujets sont des dissertations. Enfin, le troisième est une explication de texte accompagnée de questions.
Ces questions remplissent trois fonctions. A demande d’expliquer des mots, des phrases ou des articulations logiques. B demande de retrouver la question du texte, son organisation et son idée principale. C demande enfin d’examiner la position de l’auteur à partir du passage et de connaissances utiles. Ainsi, chaque partie reprend les résultats précédents pour accomplir une opération nouvelle.
Tu peux répondre dans l’ordre avec l’option 1. Tu peux aussi suivre le développement de ton choix avec l’option 2. Dans les deux cas, tu indiques ton option au début de la copie. Le ministère précise également que l’évaluation reste globale. Il n’attribue donc aucun nombre fixe de points à chaque lettre dans la note de service.
Le texte d’Adam Smith et son problème
Le sujet officiel 2025 propose un extrait de la Théorie des sentiments moraux, publiée en 1759. Smith compare d’abord la société à des relations commerciales. Des personnes peuvent échanger des services utiles sans s’aimer. Il prend ensuite le cas d’une association de brigands. Même ses membres doivent éviter de se voler ou de se tuer entre eux pour que leur groupe subsiste.
« La bienfaisance est donc moins essentielle à l’existence de la société que la justice. »
La bienfaisance consiste ici à faire volontairement du bien à une autre personne. En revanche, la justice impose au minimum de ne pas lui causer de tort. Smith ne dit donc pas que la générosité est inutile. Il soutient qu’une société peut continuer d’exister sans générosité, alors qu’une injustice devenue dominante détruit les relations qui la maintiennent.
A, obtenir trois résultats d’analyse
La première question compare les rapports sociaux à des rapports entre marchands. Cette comparaison montre qu’une coopération peut reposer sur l’utilité et sur un échange réglé. L’affection reste possible, mais elle ne constitue pas une condition de chaque relation sociale. Par exemple, un client et un réparateur peuvent respecter leur accord sans éprouver de gratitude l’un pour l’autre.
La deuxième question porte sur les brigands et les assassins. Leur association paraît contraire à la justice. Pourtant, Smith montre qu’ils doivent respecter une règle minimale entre eux. Ils s’abstiennent de se voler et de s’assassiner. En effet, leur groupe disparaîtrait si chacun attaquait sans limite les autres membres.
La troisième question distingue la bienfaisance de la justice. La bienfaisance ajoute une aide volontaire qui rend la vie commune meilleure. En revanche, la justice protège chaque membre contre les préjudices. Sans cette protection, chacun peut craindre d’être agressé. Les relations deviennent alors violentes et instables. Smith établit donc une différence de nécessité. La bienfaisance améliore la société, tandis que la justice permet sa subsistance.
Une réponse d’analyse devient utile lorsqu’elle fournit une distinction et une raison. Les trois encadrés précédents forment donc ton matériel pour B. Dans cette partie, tu réunis ces résultats autour du même problème. Ainsi, ils forment une seule réponse générale.
B, relier les résultats dans une synthèse
La question directrice peut être formulée de cette manière. Quel lien moral est indispensable pour qu’une société puisse subsister ? Ainsi, cette formulation est plus précise qu’une question générale sur la justice. En effet, elle fait apparaître l’opposition étudiée par Smith entre les actes qui améliorent la vie commune et les règles sans lesquelles elle devient impossible.
Le premier moment établit qu’une société peut exister grâce à des échanges utiles sans affection réciproque. Ensuite, le deuxième moment montre que cette possibilité possède une limite. Lorsque les membres se causent constamment du tort, les échanges et les relations deviennent impossibles. Le troisième moment tire alors la conclusion. La justice est plus essentielle que la bienfaisance, car elle empêche la destruction des conditions minimales de la vie sociale.
L’idée principale réunit ces étapes. Une société ne dépend pas de la générosité constante de ses membres. En revanche, elle exige qu’ils s’abstiennent assez souvent de se nuire pour pouvoir coopérer. Le mot « assez souvent » évite un contresens. En effet, Smith parle de la prédominance de l’injustice. Il n’affirme pas qu’un seul acte injuste fait immédiatement disparaître toute société.
C, examiner la portée de la thèse
La première question de commentaire demande si l’égoïsme rend impossible une société juste. Les résultats de A et B permettent déjà une première réponse. En effet, une personne peut chercher son intérêt et respecter des règles qui interdisent le tort. Le marchand du texte en donne un exemple. Ainsi, il n’aide pas nécessairement l’autre par générosité, mais il respecte une valeur convenue afin que l’échange reste possible.
Cette réponse demande toutefois une précision. L’intérêt personnel ne garantit pas à lui seul la justice. Par exemple, une personne peut gagner davantage en trompant un partenaire qui ne peut pas se défendre. Une société juste doit donc rendre les règles connues et protéger ceux qui subissent un préjudice. L’égoïsme ne rend pas la justice impossible, mais il explique pourquoi la bonne volonté ne suffit pas à la garantir.
La seconde question demande si l’injustice détruit nécessairement la société. Un acte injuste isolé ne produit pas cette conséquence. De plus, une société peut reconnaître ce tort, le réparer et maintenir ses règles. En revanche, l’injustice dominante change la situation. Si chacun s’attend à être trompé ou agressé sans recours, la coopération perd sa condition minimale. Le commentaire précise donc le degré d’injustice visé par Smith au lieu de transformer sa thèse en formule absolue.
Deux organisations de copie possibles
Avec l’option 1, tu suis l’ordre des questions. Après A, une transition courte peut annoncer que les trois résultats vont maintenant être reliés. Ensuite, une seconde transition indique après B que la thèse doit être examinée dans des cas difficiles. Ainsi, cette organisation rend visible la progression entre les réponses.
Avec l’option 2, tu peux suivre les trois moments du texte. D’abord, tu expliques l’échange utile et tu examines le rôle de l’intérêt personnel. Ensuite, tu analyses l’exemple des brigands et la nécessité d’éviter le tort. Enfin, tu établis la différence entre bienfaisance et justice, puis tu examines la portée de la conclusion. Cette organisation convient si tu sais intégrer toutes les opérations demandées sans perdre une question en route.
Un exercice court pour refaire le geste
Trois personnes partagent un atelier. Elles ne sont pas amies, mais elles paient leur part du loyer et n’endommagent pas le matériel des autres. Pourtant, l’une d’elles refuse toujours de rendre service. De plus, une autre vole parfois des outils en sachant qu’aucune sanction ne sera appliquée.
Pour A, distingue le refus d’aider du fait de voler un outil. Pour B, formule la question que cette situation permet de poser sur la condition minimale de leur coopération. Pour C, explique si un seul vol suffit à détruire l’atelier commun ou si la réponse dépend de la manière dont le groupe traite ce tort.
Ta réponse progresse si A définit la différence entre bienfaisance et justice, si B relie cette différence à la subsistance du groupe et si C examine le seuil à partir duquel l’injustice empêche la coopération. Si les trois parties répètent seulement que le vol est mauvais, reprends le raisonnement en donnant une fonction différente à chaque étape.
Sources consultées le 29 septembre 2026
- Ministère de l’Éducation nationale, note de service sur l’épreuve technologique applicable à partir de la session 2027
- Ministère de l’Éducation nationale, programme de philosophie de terminale technologique
- Ministère de l’Éducation nationale, sujet de philosophie du baccalauréat technologique 2025
- Université de Glasgow, présentation de la Théorie des sentiments moraux
Pour continuer
Travaille les deux options sur un autre texte
La méthode technologique détaille les règles de l’épreuve et propose un autre exemple corrigé. Tu peux ensuite revenir aux sept notions de ta voie.
Revoir la méthode technologique Revenir au parcours technologiqueQuestions fréquentes
Ce qu’il faut retenir avant de commencer
À quoi servent les réponses de la partie A dans la partie B ?
Les réponses de A donnent les distinctions et les raisons précises du texte. Dans B, tu relies ces résultats afin de formuler la question, le mouvement et l’idée principale. Tu ne recommences donc pas l’analyse mot à mot.
La partie C demande-t-elle mon avis personnel ?
Non. Le commentaire examine la position précise de l’auteur. Tu peux utiliser une connaissance ou un exemple, mais tu dois expliquer ce qu’il confirme, limite ou oblige à préciser dans le raisonnement du texte.
Les parties A, B et C ont-elles chacune un nombre fixe de points ?
La note de service applicable à partir de la session 2027 prévoit une évaluation globale sur vingt. Les questions guident le travail, mais le correcteur apprécie l’ensemble de la démarche.
Puis-je choisir une explication suivie au lieu de répondre dans l’ordre ?
Oui. Tu peux choisir l’option 1 et répondre dans l’ordre aux questions, ou choisir l’option 2 et suivre le développement de ton choix. Dans les deux cas, indique ton option au début de la copie et accomplis tout le travail d’analyse, de synthèse et de commentaire.